vendredi 2 décembre 2022

La mythique randonnée PARIS BREST PARIS.

 La Royale Union Audax de Tournai organise les Brevets qualificatifs

pour cette Randonnée exceptionnelle qui se déroule tous les 4 ans :


08/04/2023            200     https://www.relive.cc/view/vr63AegLAdv

27/05/2023           300     https://www.relive.cc/view/vQvy2K2Gw4O

02/06/2023           400     https://www.relive.cc/view/vZqN7o7EoGv

24/06/2023           600     https://www.relive.cc/view/vJOKxzxN956


Par Benoît Quinquis

Tout commença en 1891 après un Bordeaux-Paris dominé par les cyclistes anglais : bon patriote, Pierre Giffard, rédacteur en chef du Petit Journal, lança dans sa revue, le 11 juin, l’idée du Paris-Brest-Paris, réservé aux Français !

La première édition débuta le 6 septembre 1891 : 211 coureurs se rassemblèrent devant le siège du Petit Journal. À 7 h 03, ils passaient sous la porte Dauphine et la course commençait pour de bon : 1 196 kilomètres à parcourir d’une traite avec la même machine du début à la fin ! C’était alors la plus longue course cycliste jamais organisée.

71 heures et 22 minutes

Les contrôles étaient assurés par « les clubs bretons nouvellement constitués situés à Saint-Brieuc, à Guingamp, à Morlaix et bien sûr à Brest ». Joseph Laval, dit Jiel-Laval, arriva le premier à Brest, au point de contrôle de l’Hôtel de la Bourse, place du Champ de Bataille (aujourd’hui place Wilson). Mais sur le retour, il s’arrêta à Guingamp pour dormir : mis au courant, son rival Charles Terront contourna la ville et continua de nuit pour finalement arriver premier à Paris, porte Maillot, le 9 septembre à 6 h 25. Il lui avait fallu 71 heures et 22 minutes pour faire l’aller-retour contre 80 heures pour Jiel-Laval qui se contenta d’une honorable deuxième place.

La course s’ouvre

La course remua les foules et fit les gros titres de tous les journaux : une deuxième édition fut organisée en 1901 par le journal L’Auto-Vélo qui allait devenir L’Auto puis L’équipe et créer le Tour de France en 1903.

L’épreuve s’ouvrit aux cyclistes étrangers et les coureurs se divisaient en deux catégories, les touristes-routiers et les coureurs de vitesse. Parmi ces derniers, Maurice Garin, Italien immigré en France, arriva premier à Paris après 52 heures et 11 minutes. En 1911, une troisième édition fut remportée par Émile Georget, celle de 1921 eut pour vainqueur le Belge Louis Mottiat et celle de 1931 l’Australien Hubert Opperman.

La belle régularité d’une édition décennale fut brisée par la guerre et il fallut attendre 1948 pour voir le Belge Albert Hendrickx gagner le sixième Paris-Brest-Paris. Une dernière édition ouverte aux professionnels eut lieu en 1951 : le futur journaliste Robert Chapatte arriva premier à Brest, établissant le record de Paris à Brest avec une moyenne de 32 km/h, mais il abandonna sur le chemin du retour, laissant la victoire à Maurice Diot.

Une nouvelle édition prévue en 1956 fut annulée faute d’un nombre suffisant de concurrents : depuis, le Paris-Brest-Paris est « le domaine des cyclotouristes ».

Source : Georges Cadiou, La Belle histoire du Paris-Brest et retour, la première grande course de l’histoire du cyclisme, Les Cahiers de l’Iroise n° 231.

6 JUIN 1897 : LES PREMIÈRES COURSES DE DAMES

Ce jour-là, le Véloce Club Brestois organisait, comme chaque année, ses grandes courses du dimanche de la Pentecôte, avec toutefois une nouveauté : le programme prévoyait trois épreuves féminines ! La foule se pressa pour assister à ce spectacle inédit à Brest, les tribunes furent pleines à craquer, et l’attente du public ne fut pas déçue  : venues des grandes villes de France et d’Europe voire des États-Unis, les coureuses « habillées en homme » n’avaient rien à envier à leurs homologues masculins. Les premiers prix furent remportés par Mesdames Reillo et Néva.
Le succès décida le Véloce Club à reconduire ces épreuves en 1898 et 1899, permettant aux Brestois de découvrir en chair et en os de grandes championnes telles qu’Amélie Le Gall ou Louise Roger. Mais tout le monde ne voyait pas d’un bon œil que la femme prenne l’habitude de se déplacer librement à vélo, sans être surveillée par un homme : l’Union Vélocipédique Française interdit toute course féminine cycliste le 17 octobre 1912. Une fois de plus, Brest était en avance sur son temps !

Source : Christelle Henry, L’épopée des petites reines de la bicyclette en Bretagne , Les Cahiers de l’Iroise n° 231.

PORTRAIT : SIMONE MANANT, LA CHAMPIONNE DE KERINOU 

Simone Manant, championne cycliste brestoise
Simone Manant, championne cycliste brestoise (©DR).

François Manant tenait le magasin de cycles de Kerinou, rue du Commandant-Drogou, une entreprise familiale devant laquelle se retrouvaient, avant la guerre, les membres du Club de cyclotourisme de Lambézellec. Après la Libération, le club fut relancé sous la présidence de François Manant qui fournissait l’équipement : suite à sa mort, survenue en mai 1948, une épreuve portant son nom fut créée et son fils Jean devint le directeur sportif du C.C.L. Il est donc euphémique de dire que Simone Manant, la fille de François, était tombée dans le cyclisme quand elle était petite.

Neuf victoires sur 12 épreuves

Simone vit le jour le 1er septembre 1929  : à 18 ans, la jeune fille, qui étudiait la comptabilité au Collège Technique, s’intéressait à divers sports, dont le basket et la natation, et s’illustra plusieurs fois au cours des championnats de l’O.S.S.U. (ancêtre de l’U.N.S.S.) à la piscine de Tréornou. Cette sportive accomplie participa très tôt à des compétitions cyclistes féminines : en 1947, inscrite à douze épreuves, elle en remporta neuf ! Préférant la route à la piste, elle prenait plaisir à dépasser ses rivales et à se détacher du peloton, avouant craindre «  des réactions pas toujours maîtrisées qui pourraient provoquer une chute ». Nullement découragée par l’inconsistance des prix destinés aux coureuses, cette battante notait ses victoires sur son carnet de route « dans un tableau d’honneur rigoureusement tenu à jour ». Elle mourut le 13 novembre 2009.

Source : Thierry et François Manant, Simone Manant, championne cycliste de Kerinou, Les Cahiers de l’Iroise n°231.


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